MAJ 7 mars 2026

Mars 2026 - Evolution de la proposition de loi

sur les soins palliatifs et la fin de vie

1ère lecture au Sénat - 2ème lecture à l'assemblée nationale

Janvier - Mars 2026

 Le Sénat vient de se prononcer très largement en faveur du développement des soins palliatifs et a rejeté le projet de loi sur l'aide à mourir voté à l'Assemblée Nationale en mai 2025 (élément d'information).
Cette dernière, à l'inverse, vient de voter en seconde lecture un projet sensiblement remanié et qui élargit les champs d'application de la proposition de loi. 

Voici un certain nombre d'articles, chroniques, vidéos récentes (janvier-mares 26) pour éclairer votre point de vue. 


SENAT - janvier 2026 - Adoption du texte sur les Soins Palliatifs

Fin de vie : après avoir refusé l’aide à mourir, le Sénat adopte un texte pour renforcer un égal accès aux soins palliatifs. 

Après les tensions de la semaine dernière lors de l’examen du texte sur l’aide à la fin de vie, les débats se sont poursuivis dans le calme, au Sénat, sur la proposition de loi plus consensuelle visant à permettre un égal accès aux soins palliatifs sur tout le territoire. Les sénateurs ont néanmoins alerté sur les moyens financiers nécessaires à cette réforme.

© Public Sénat -  Simon Barbarit - 26 janvier 2026


SENAT - janvier 2026 - Texte sur la fin de vie validé en Commission des Affaires Sociales

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Proposition de loi n°265 relative à l’assistance médicale à mourir
Texte adopté par la commission des affaires sociales du Sénat - 7 janvier 2026
PPL Fin de vie Sénat - synthèse.pdf
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Décryptage du PPL du SENAT par la SFAP
PPL Fin de vie Sénat - décryptage SFAP
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  • Alors que la proposition de loi d’Olivier Falorni entendait instaurer un « droit à l’aide à mourir », la commission des affaires sociales a proposé une rédaction ouvrant une « assistance médicale à mourir » dans les situations de fin de vie à court terme.
  • Certes, certaines garanties sont apportées par cette réécriture : restriction au pronostic vital engagé à court terme, suppression du délit d’entrave, interdiction de la publicité, présence d’un officier de police judiciaire lors de l’acte létal, clause de conscience du pharmacien.
  • Toutefois, cette rédaction entérine la légalisation du geste létal et son intégration dans le champ du soin. Le dispositif reste globalement permissif : contre-pouvoirs limités, délais compressibles, absence de recours pour les proches, coercition sur les établissements, contrôle a posteriori.
  • La proposition de loi entérine explicitement la légalisation du geste létal et son inscription durable dans le champ médical, opérant une rupture avec les principes fondateurs du soin. 
  • En dépit de garanties affichées, le dispositif affaiblit les gardes-fous juridiques, procéduraux et institutionnels nécessaires à la protection des personnes vulnérables face à un acte irréversible.
  • Ce faisant, elle ouvre la voie à une banalisation progressive du geste létal, sans contreparties suffisantes en matière de contrôle, de recours et d’accès effectif aux soins palliatifs.

21 janvier 2026 - " Le Sénat vient de rejeter l’article central de la PPL aide à mourir "

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" Le Sénat vient de rejeter l’article central de la PPL aide à mourir : il n’y a pas de majorité au Sénat pour voter l’euthanasie et le suicide assisté. Il est crucial qu’en revanche soit examinée la PPL sur les SP qui marque l’engagement du pays au service des patients en fin de vie ".

 

© X - Ségolène Perruchio - Chef du service de soins palliatifs du CH Rives de Seine - Présidente de la SFAP - 21 janvier 2026

© Le Sénat
© Le Sénat

Fin de vie : le Sénat rejette un article-clé pour la création d’un droit à l’aide à mourir.

La droite sénatoriale a ensuite définitivement enterré le projet de loi, mercredi soir, en réécrivant entièrement l’article-clé créant l’aide active à mourir, le vidant de sa substance.

© Le Monde avec AFP - Publié le 21 janvier 2026 à 20h03



Assemblée Nationale

Février 2026 - 2ème lecture de la loi sur la fin de vie

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Synthèse PPL2453.pdf
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Synthèse de la Proposition de loi n°2453 relative au droit

à l’aide à mourir

Texte adopté par la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale le 5 février 2026

 

CHAPITRE I - Définition

Article 1er 

  • Intégration de la notion d’”expression de leur volonté et fin de vie” dans l’intitulé d’un chapitre du code de la santé publique.

Article 2

  • Création dans le code de la santé publique d’un “droit à l’aide à mourir”.
  • “Droit à recourir à une substance létale” pour une personne remplissant les conditions prévues
  • (à l’article 4).
  • Administration de la substance :
    • par la personne elle-même;
    • ou, en cas d’incapacité physique, par un médecin ou un infirmier.
  • Protection pénale accordée aux professionnels de santé intervenant dans ce cadre.

Article 3

  • Intégration de l’”aide à mourir” dans le “droit d’avoir une fin de vie digne”

CHAPITRE II - Conditions d’accès

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Décryptage PPL2453 droit à l'aide à m
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3 points essentiels

  1. Une confusion entre mort provoquée et relation de soin
  2. Des conditions d’accès à la mort provoquée larges et floues
  3. Une procédure qui ne garantit pas la protection des plus vulnérables

La proposition de loi n°1453 ne vise pas uniquement des situations de fin de vie mais ouvre un droit nouveau : l’accès à une procédure létale inscrite dans le code de la santé publique. Elle opère ainsi un basculement majeur en intégrant la mort provoquée dans le champ du soin.

 

Ce droit est ouvert sur des critères larges et subjectifs, avec des garanties fragiles au regard de l’irréversibilité de l’acte.

 

Le dispositif prévu est particulièrement attentatoire à la relation de soin et à la cohérence de la prise en charge palliative. Il ouvre la voie à des pratiques à haut risque éthique et humain.

© SFAP



Synthèse de la journée: 

  • Amendement n° 893 – Adopté : supprime la condition d’impossibilité physique pour l’auto-administration et permet au patient de choisir librement la modalité d’administration de la substance létale (suicide assisté ou euthanasie).
  • ⁠⁠Amendement n° 1168 – Adopté : supprime l’exigence de caractère « constant » de la souffrance, considérant que la souffrance peut être intermittente. "En effet, si le patient reconnaît avoir une phase d’atténuation de ces souffrances, le risque est qu’avec la rédaction actuelle il ne puisse plus avoir droit à l’aide à mourir. »
  • Amendement n° 652 – Rejeté : voulait exclure la souffrance psychologique seule comme motif d’accès à l’aide à mourir, en précisant qu’elle ne pouvait, à elle seule, ouvrir ce droit.
  • ⁠⁠Amendement n° 1354 – Rejeté : proposait d’exiger une souffrance physique comme condition principale d’accès à l’aide à mourir, la souffrance psychologique ne pouvant intervenir qu’en complément.

5 février 2026 - Adoption de la loi sur la fin de vie après un débat trop court

L'Assemblée nationale a de nouveau approuvé jeudi la création d'un droit à l'aide à mourir, dans le cadre de l'examen en deuxième lecture de la proposition de loi du député Olivier Falorni (groupe MoDem).

En première lecture, les députés avaient défini "le droit à l’aide à mourir" comme le fait d'"autoriser" et "accompagner une personne qui en a exprimé la demande à recourir à une substance létale" suivant certaines conditions, "afin qu’elle se l’administre ou, lorsqu’elle n’est pas physiquement en mesure d’y procéder, se la fasse administrer par un médecin ou par un infirmier".

Cette fois-ci, les députés ont approuvé de justesse (71 voix contre 70) des amendements identiques, déposés par Océane Godard (PS) et Stella Dupont (Non inscrite) laissant au patient le libre choix de l'auto-administration ou de l'administration par un tiers.

Un changement substantiel dans l'équilibre du texte, ...

Aide à mourir : le texte revient à la règle de l'auto-administration de la substance létale.

En seconde délibération et juste avant le vote solennel, ce mercredi 25 février, les députés ont été appelés à se prononcer une nouvelle fois sur des aspects majeurs de la proposition de loi "relative au droit à l'aide à mourir". Ils ont notamment rétabli la règle de l'auto-administration de la substance létale, avec possibilité d'administration par un médecin ou un infirmier uniquement si la personne est dans l'incapacité physique d réaliser le geste.



" Après seulement 1 jour et demi de débats en commission, un malaise persiste.

Un texte traité comme une évidence, au détriment d’un véritable débat de fond.

Or les enjeux éthiques, médicaux et humains exigent écoute et exigence."

Justine Gruet,

Députée du Jura, Conseillère Municipale & Communautaire Dole, Kiné


"Merci Monsieur Trebuchet, d'affirmer vos arguments pacifiquement, et de ne pas vous décourager devant une assemblée quasi-vide."

 

Alix de Bonnieres

Médecin chef de service Unité de soins palliatifs

Diplômée d'éthique médicale

Ecole de Soins palliatifs Jeanne Garnier

© Le Journal du Dimanche
© Le Journal du Dimanche

"Une loi irréversible ne se vote pas à la hâte"

Quelques jours seulement après son rejet par les sénateurs, la proposition de ,loi relative à l'aide à mourir revient à l'Assemblée dans la précipitation. Des députés d'insurgent.

Tribune signée par 11 députés.

 


"Cet après-midi, j’ai voté contre la proposition de loi autorisant l’euthanasie."

Je veux d’abord dire que ce débat est légitime. Il touche à l’intime, à la dignité, à la souffrance, à la peur de la fin de vie. Les Français souhaitent qu’il ait lieu et il est normal que la représentation nationale s’en saisisse. La loi Claeys-Leonetti ne règle pas toutes les situations, et personne ne peut nier qu’il existe des cas humains bouleversants.
Mais précisément parce qu’il s’agit d’un sujet aussi grave, nous ne pouvons pas franchir à la légère des seuils irréversibles.

 

Yannick Neuder Député de l’Isère, ancien ministre chargé de la Santé et de l’Accès aux soins - Médecin cardiologue - Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes.

 



Lettre ouverte...  Mais où sont les médecins et les soignants ?

 

Mesdames et  Messieurs nos député(e)s,

Vous allez voter demain pour ou contre une proposition de loi légalisant l'euthanasie et le suicide assisté en y intégrant un délit d'entrave pour les soignants et les médecins qui voudraient empêcher une personne d'accéder à ce droit

Vous avez raccourci les délais d'exécution de l'application de cette future éventuelle loi..!

Avez vous réellement pensé à l'accès aux soins puisque vous dites que c'est un soin et même le soin ultime ? ...

Alain Derniaux, médecin de soins palliatifs et de la douleur


Février 2026 - SFAP -  " NOUS CONTESTONS..."

Quelques jours seulement après son examen au Sénat, la loi sur « l’aide à mourir » revient en deuxième lecture à l'Assemblée nationale dans une précipitation qui étonne autant qu'elle interroge.

  1. Nous contestons en effet l'urgence d’un tel texte quand la fin de vie ne se classe qu'au 18e rang des priorités des Français du dernier baromètre Harris Interactive loin derrière bien d’autres questions, et en particulier celle de l'accès aux soins et dans un contexte national et international menaçant, incertain et anxiogène. La possibilité de demander à mourir est-elle la seule perspective à offrir ?
  2. Nous contestons le récit dominant qu'on nous impose sur le consensus qui entourerait ce texte. La Fondapol (dans son étude très complète « les Français n’approuvent pas la proposition de loi visant à l égaliser l’euthanasie et le suicide assisté » de décembre 2025) comme les débats récents au Sénat et le vote très partagé de la première lecture à l’Assemblée, montrent les nuances et les ambivalences autour d'un projet clivant dès que l’on s’éloigne des questions binaires qui construisent des consensus factices pour entrer dans la complexité du sujet.
  3. Nous contestons l'idée que la mort choisie et organisée par l'État serait la seule mort digne. Nous revendiquons l’égale dignité de toutes les personnes que nous accompagnons quelles que soient leurs vulnérabilités, leur âge ou leur utilité sociale. Sans exception.
  4. Nous contestons qu’il s’agisse « d’une grande loi de liberté ». Liberté choisie pour un petit nombre certes, mais liberté perdue pour toutes les personnes « éligibles » dont la capacité à vouloir exister est rendue fragile par la maladie, la précarité ou la solitude de ne pas avoir à se demander si elles veulent continuer à vivre.
  5. Nous contestons qu’il s’agisse d’une loi d’égalité quand tous les jours 500 patients meurent sans avoir eu accès aux soins palliatifs dont ils auraient eu besoin, quand la loi de 1999 garantissant un accès universel aux soins palliatifs laisse 50% des besoins non couverts et quand la stratégie décennale en cours n’a ni pilote, ni suivi, ni indicateurs.
  6. Nous contestons qu’il s’agisse d’une loi de fraternité. « Ma vie, ma mort, mon choix, mon droit » est une logique ultra-libérale loin de la promesse d’un accompagnement inconditionnel et solidaire « parce que nous tenons à vous et que vous comptez pour nous tous ».
  7. Nous contestons qu’il s’agisse d’une loi de modernité et de progrès social alors que les solutions qu’elle propose nous ramènent 40 ans en arrière quand la médecine pensait n’avoir d’autre choix que celui de donner la mort par les cocktails lytiques faute de mieux.
  8. Nous contestons qu’il s’agisse d'une loi d'ultime recours pour des situations exceptionnelles. Elle devrait alors s’accompagner de conditions restrictives à l’image de la procédure autrichienne qui assume sa complexité. Le rejet de tous les amendements de protection et les critères larges et flous qui ont été adoptés consacrent au contraire l'ouverture d'un « nouveau droit » auquel rien ne doit faire obstacle : celui de choisir le moment de sa mort. Nous sommes en démocratie, ce choix est possible mais il doit être assumé clairement.
  9. Nous contestons le tri des souffrances qu'impose cette loi. Comment déterminer de façon acceptable, claire et durable, les critères d’accès à ce nouveau « droit » ? Comment accepter que souffrir, expérience intime et subjective, puisse donner un droit à certains et non à d’autres ? Les personnes qui viendront demander l’accès à ce droit au motif de l’égalité de tous devant une souffrance qu’elles jugent insupportable seront bien sûr légitimes à le faire.
  10. Nous contestons le pouvoir donné au médecin qui, à rebours de toute l'évolution récente de notre droit, se trouve être seul à décider, prescrire et administrer une substance létale au terme d’une collégialité et de délais minimaux et sans contrôle autre qu’a posteriori une fois la personne décédée. Il s’agit d’une loi du pouvoir médical et non d’une loi d’autonomie pour les citoyens.
  11. Nous contestons la coercition exercée sur les soignants contraints, s’ils souhaitent user de leur clause de conscience, de rompre la promesse du non-abandon faite aux personnes accompagnées. Coercition également pour tous ceux qui voudraient soutenir le désir de vivre plutôt que celui de mourir par la création d’un délit d’entrave. Coercition enfin pour les établissements dont le projet s'opposerait à ces pratiques car si « les murs n'ont pas de conscience » comme on nous le répète, les murs ne soignent pas non plus, contrairement aux équipes qui les habitent.
  12. Nous contestons l’idée d’une coexistence apaisée entre soins palliatifs et « aide à mourir ». Ce texte sera un frein aux progrès des soins palliatifs, du soulagement de la douleur et de l'accompagnement. Dans les dernières années, nous avons vu progresser à la fois les techniques (pompes d’analgésie intra thécale, chirurgie de la douleur…), les connaissances (développement des thérapies non médicamenteuses, littérature scientifique autour des souhaits de mort, « wish to hasten death ») et l'organisation des soins palliatifs (hôpitaux de jour orientés vers l'amélioration de la qualité de vie et permettant des soins palliatifs précoces, projets de création de maisons d’accompagnement, équipes d’intervention rapide qui sont de véritables SAMU palliatifs…). Nous voyons naître outre- Atlantique, avec l'utilisation des thérapies psychédéliques, des perspectives qui pourraient révolutionner demain le soulagement de la souffrance. Qui peut croire que ce vaste mouvement se poursuivra inchangé si un tel texte est adopté quand on voit le recul spectaculaire des pays qui nous ont précédé sur ce chemin dans les classements internationaux de soins palliatifs (La Belgique a reculé de 21 places, le Canada de 11, l’Australie de 9 entre 2015 et 2021 quand le Royaume -Uni est resté 1er) ?
  13. Nous contestons enfin que la mort provoquée puisse être considérée comme un soin qu'elle vient au contraire interrompre, supprimant la personne qui souffre et non sa souffrance et compromettant la confiance indispensable à la relation soignant-soigné.

Nous réaffirmons qu’un autre choix est possible et que la réponse à la souffrance ce n'est pas la mort mais le soin.


Euthanasie - Suite sans fin...

Le Sénat s'est pris hier les pieds dans le tapis, avec une conjonction inattendue contre le texte proposé des vrais opposants à l'euthanasie et de ceux qui trouvaient au contraire que le texte revu par leur Commission des affaires sociales était trop restrictif et qui voulaient rendre l'initiative aux députés.

Grâce à cette rencontre de hasard, le principe d'une "aide active à mourir" a donc été majoritairement rejeté (144 contre, 123 pour). Rien n'est donc joué mais c'est toujours ça de pris !

 

 

 

 

 Un éclairage de la SFAP

 

Pour ceux qui peinent à déchiffrer ce qui s'est joué au Sénat hier, voici un petit décryptage :

  • Que c’est-il passé hier et qu’est ce que cela signifie?
    • Les rapporteurs de la commission des affaires sociales avaient fait le pari de trouver une majorité au Sénat autour d’un compromis: un texte qui accepte le geste létal (euthanasie, suicide assisté), en le limitant au court terme et à la même indication que la sédation profonde et continue jusqu’au décès.
    • ⁠C’est ce choix politique qui a été battu, car il n’est pas parvenu à convaincre la gauche, souhaitant un texte plus large et plus radical, et une partie de la droite et du centre, qui ont refusé le principe même du geste létal
    • ⁠Ce rejet s’est matérialisé au vote sur l’article 4 (les critères de l’aide à mourir), qui a été supprimé par un vote conjoint des socialistes et d'une partie de la droite et du centre.
    • ⁠Ensuite, les sénateurs ont supprimé ou totalement revu le texte, qui désormais comporte des incohérences mais qui, dans sa philosophie générale, rappelle le droit de la fin de vie existant, et l’interdit de donner la mort.
  • Que va-t-il se passer maintenant ?
    • Le texte global n’a pas été voté encore, car le vote final est prévu le 28 janvier.
    • ⁠Lundi et mardi prochain, le Sénat étudiera la loi sur les soins palliatifs qui elle, devrait recevoir une très large majorité de suffrage...
    • ⁠A compter de février, les textes peuvent revenir à l’Assemblée pour une seconde lecture, qui se passera dans les mêmes conditions que prévu. On ne sait encore si les députés repartiront du texte très différent du Sénat ou de la version initiale de l’Assemblée.
    • Le sénat n’est pas « hors jeu » comme disent une partie des sénateurs déçus et des associations militantes. Ils réaliseront une deuxième lecture du texte dans le cadre de la navette et demeurent présents dans la commission mixte paritaire, si aucun accord n’est trouvé après les 2 lectures dans les 2 chambres.
  • Quelle lecture politique?
    • Ce refus du Sénat n’accélère pas la navette parlementaire. En revanche, il manifeste la très forte opposition suscitée par le texte et son caractère très conflictuel.
    • ⁠A terme, l’Assemblée pourrait décider d’avancer sans aucune contribution du Sénat sur ce texte. Cela n’arrive cependant quasiment jamais, et sur ce type de texte, cela marquerait un passage en force violent.
    • ⁠Autre option, pour surmonter ce blocage qui est davantage politique que législatif, le Président pourrait décider de convoquer un référendum. Cependant, à ce sujet, deux inconnues demeures :
      1. Le « sociétal » ne peut faire l’objet d’un référendum que dans le cadre d’une lecture très large de la Constitution, ce qui donnerait probablement lieu à un risque juridique
      2. Lors d’un référendum, les électeurs se prononcent autant sur la question que sur la personnalité de celui qui la pose. Et, en cette fin de mandat, cela représenterait un risque politique fort... 

Quelques éclairages complémentaires...

« En autorisant une “sédation à but létal’’, on brise la distinction entre le soin et la mort »

« En autorisant une “sédation à but létal’’, on brise la distinction entre le soin et la mort »

Dr Claire Fourcade -Médecin de soins palliatifs à Narbonne et ex-présidente de la SFAP (Société française d’Accompagnement et de Soins Palliatifs)

 

Pour Claire Fourcade, le texte sur la fin de vie voté le 7 janvier 2026 en commission par les sénateurs fait de l’euthanasie par sédation une « pratique de soins ». Ce qui constitue un recul inédit pour la médecine. Et les patients.

 

© La Croix - Publié le 14 janvier 2026 à 12h59


Que pense Jean Leonetti du nouveau projet de loi sur la fin de vie ?

Jean Leonetti ® RCF
Jean Leonetti ® RCF

Dans un contexte politique tumultueux, la loi sur la fin de vie suscite beaucoup de débats. À partir du 20 janvier, les sénateurs examineront deux textes majeurs suite au projet de réforme voulu par Emmanuel Macron. Jean Leonetti, ancien ministre et actuel maire d’Antibes, est une figure clé des lois de 2005 et 2016 sur la fin de vie. Il exprime des réserves profondes sur ces nouvelles orientations législatives.

© Mélanie Niemiec - RCF, le 12 janvier 2026


© Le Figaro
© Le Figaro

Marie de Hennezel a été psychologue en soins palliatifs durant une dizaine d'années. Des milliers de personnes qu'elle a accompagné jusqu'au bout de leur vie, elle retient la nécessité de «leur laisser le temps de mourir», en les accompagnant par les gestes et la parole.

Et les remercie pour l'humanité que ces malades lui ont révélé d'elle-même.

 

ARCHIVES DANIEL FOURAY / OUEST-FRANCE
ARCHIVES DANIEL FOURAY / OUEST-FRANCE

POINT DE VUE. « Fin de vie : ce qui m’alarme »

La psychologue et spécialiste du vieillissement Marie de Hennezel écrit au Premier ministre. Nous publions sa lettre ouverte. Elle s’y alarme d’une loi fin de vie qui enclencherait « un basculement inquiétant : celui d’une société qui, faute de soin, pourrait finir par proposer la mort. »



« L’État ne doit pas apprendre aux vivants à disparaître »

Pour les universitaires Laurent Frémont et Emmanuel Hirsch, la loi sur l’aide à mourir fait du suicide une réponse socialement disponible et acceptable. Certaines vies seraient donc moins importantes à défendre que d’autres : c’est le signe dangereux d’une société qui renonce à s’opposer à la tentation de l’effacement.

« Les soins palliatifs sont les véritables fers de lance du progrès social »

De retour à l’Assemblée, la loi sur l’aide à mourir n’est pas seulement le fruit d’un lobbying efficace de l’ADMD, mais aussi de la médicalisation et de l’effacement de la mort dans notre société, estime le directeur d’hôpital honoraire Jean-Marie Brugeron. Pour lui, le développement des soins palliatifs constituerait la vraie révolution de la médecine.



© Institut Curie
© Institut Curie

« Ce serait bien plus intéressant de faire valoir les valeurs du soin et les décliner tout au long de la vie » 

Alexis Burnod est chef du service de soins palliatifs à l’Institut Curie de Paris. Invité de la matinale de Radio Classique, il réagit à la proposition de loi sur l’aide à mourir, qui après le rejet du Sénat, revient aujourd’hui à l’Assemblée nationale. Auteur de Fin de vie, le cas de conscience, un défi éthique collectif, aux éditions de l’Observatoire, il plaide pour un recours à l’aide à mourir qui reste applicable au cas par cas, mettant d’abord en valeur le soin du patient. 

Radio Classique - David Abiker - 16/02/2026

Dr Louis Fouché : La Mort, Euthanasie, Soins Palliatifs – Critique de la Loi Falorni 2026

Dans cette conférence puissante et sans concession, le Dr Louis Fouché (médecin anesthésiste-réanimateur, expert en éthique et fin de vie) décrypte notre rapport à la mort en France en 2026. (Youtube - 3 février 2026)



© RCF
© RCF

Loi sur l’aide à mourir : le Sénat dit non

Le Chambre haute a rejeté la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Le projet va donc revenir à l’Assemblée nationale, avec une possible adoption avant l’été.

🎙️ Pour éclairer ces enjeux, Pierre-Hugues Dubois reçoit le Dr Claire Fourcade, médecin en soins palliatifs, auteur de 𝘑𝘰𝘶𝘳𝘯𝘢𝘭 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘧𝘪𝘯 𝘥𝘦 𝘷𝘪𝘦 (Fayard)

La mort, enfin opposable.

Il y a des moments de clarification involontaires dans le débat parlementaire sur la fin de vie. Si dessine la réalité tragique d'un pays empêché, sous des assauts contradictoires des partisans et opposants à la légalisation de l'euthanasie.

...Le texte sur les soins palliatifs n'est que cela : un subterfuge (...), un peu d'huile pour tapisser l'estomac avant d'administrer la potion amère de l'euthanasie...

 

 © La Croix - Erwan Le Morhedec, Avocat, essayiste



Naître sous azote, mourir sous protocole : quand le politique ne sait plus accueillir la vie.

Aux deux extrémités de l'existence, l'État n'apporte plus que des réponses techniques: congélation des ovocytes d'un côté, injection létale de l'autre. Au lieu de susciter un élan, l'exécutif «équipe» les individus, signe d'une démission anthropologique et morale, s'inquiète Laurent Frémont et maître de conférences à Sciences Po et cofondateur du Collectif démocratie, éthique et solidarités.

© Le Figaro - 10 février 2026

"Le prix de la lâcheté se paie souvent plus cher que celui du courage"

Du 17 janvier au 8 mars 2026 au théâtre de l'atelier à Paris, 8 comédiennes se relaient en plusieurs duos sur scène pour faire vivre "la fin du courage", l'adaptation théâtrale de l'essai de Cynthia Fleury. La philosophe et psychanalyste s'expliquent sur cette notion du courage.

© Le Dauphiné Libéré - 11 mars 26



Rapport d’étonnement sur une civilisation qui "aide à mourir"

 

Et si le regard le plus lucide sur nos débats les plus intimes venait d’ailleurs ?

Dans ce court récit, une civilisation extraterrestre observe la Terre à distance, dissèque nos discours, nos contradictions et nos angles morts. À travers un rapport à sa planète elle tente de comprendre une décision humaine majeure : organiser la possibilité de donner la mort au nom de l’aide...

Rapport d’étonnement n°7842 — Secteur 3, planète Terre (espèce dominante : Homo sapiens)

Nous avons poursuivi l’analyse des flux informationnels captés sur cette planète. Les sujets étudiés incluent : divertissements, communications sociales, productions scientifiques et débats politiques.

Un thème a particulièrement retenu notre attention...

 

Alexis Bourla, Psychiatre, Président Jeune Médecin IDF, Hôpital Saint-Antoine - 22 février 2026

 

Euthanasie : la fausse liberté d’une société qui renonce à la solidarité

Tribune

La revendication de « choisir sa mort » repose sur la fiction d’un individu complètement autonome. La mort se substitue à la solidarité envers les plus vulnérables.

 

Le débat sur l’euthanasie et le suicide assisté s’est imposé dans l’espace public comme une évidence morale. Il serait question de compassion, de dignité, de liberté. Ceux qui s’interrogent seraient conservateurs, religieux, et indifférents à la souffrance.

 

Pourtant, une question demeure : comment avons-nous pu en venir à considérer comme un progrès social la possibilité d’administrer la mort ?

 

...



La loi qui murmure à l'oreille des malades

 

La plupart des bien-portants disent : ‘La loi sur l’aide à mourir ne changera rien pour les personnes malades, handicapées. Chacun restera libre d'y avoir recours ou pas.’ Ces paroles cherchent à rassurer les concernés, mais aussi à rassurer ceux qui les prononcent, car personne n’est très à l’aise avec l’idée de mettre fin à la vie d’un malade. Mais que peuvent des paroles rassurantes face à la loi ?

Ce texte changera fondamentalement le regard de la société sur les malades. Car, la loi dictant la norme, la bienveillance cèdera le pas à la défiance.

Edwige Mouttou est porteuse de la maladie de Parkinson. Elle est membre cofondatrice de l’association « Les Éligibles et leurs aidants », collectif de personnes lourdement handicapées et atteintes de maladies graves et incurables, ainsi que de leurs aidants.

 

 

 Les Éligibles et leurs Aidants

« Demain si ce texte passe, moi avec la maladie que j’ai, je devrai me poser la question : est-ce que je ne serai pas mieux mort qu’en vie ? »

© Les Éligibles et leurs Aidants


© Le Gloub
© Le Gloub

Entretien avec Pierre Jova sur la fin de vie. Partie I

« En Belgique, les grandes mutuelles visitent les maisons de retraite pour vanter les mérites de l’euthanasie »


© Le Gloub
© Le Gloub

Entretien avec Pierre Jova sur la fin de vie . Partie II

« Ce texte est un pistolet sur la table de nuit des personnes handicapées »




Mort assistée et soins palliatifs : réflexions du conseil d'administration de l'EAPC (European Association for Palliative Care)

Publié le 3 décembre 2025 par pallcare

De nombreux débats ont lieu au niveau local et national sur l'aide à mourir. C'est un sujet qui peut

susciter de vives émotions. Dans le blog d'aujourd'hui, Jeroen Hasselaar, président de l'EAPC, revient

sur les discussions au sein du conseil d'administration de l'EAPC concernant cette question

importante.

Les débats et les discussions sur l'aide à mourir se multiplient à travers l'Europe. Le paysage juridique a évolué dans certains pays, et plusieurs pays ont mis en place des cadres législatifs autorisant l'aide à mourir, tandis que d'autres en sont à différentes étapes du processus législatif parlementaire. 

Lors de notre récente réunion à Berlin, le conseil d'administration de l'EAPC a consacré du temps et de l'attention à discuter plus en détail de ces développements. En tant qu'organe directeur de l'organisation, nous avons la responsabilité d'examiner la position de l'EAPC dans ce débat.

L'EAPC représente des membres issus de 76 pays à travers le monde, dont 41 pays européens. Plusieurs de ces pays ont mis en place une législation autorisant l'aide à mourir. La diversité de notre conseil d'administration nous permet de représenter une grande variété de points de vue. Il est important pour nous qu'une question aussi sensible, controversée et souvent polarisante puisse être abordée de manière ouverte et respectueuse. Nos discussions et réflexions s'appuient sur les 

principes des soins palliatifs.

L'EAPC est une association de soins palliatifs. Notre objectif et notre mission sont de promouvoir les soins palliatifs sous tous leurs aspects. Nous nous alignons sur la définition des soins palliatifs donnée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui stipule spécifiquement que les soins palliatifs n'ont pas pour but d'accélérer ou de retarder la mort, mais qu'ils affirment la vie et considèrent la mort comme un processus normal. Nous pensons qu'il s'agit là d'un principe fondamental et, bien que nous respections les lois nationales, nous estimons que l'aide à mourir ne fait pas partie des soins palliatifs.

Notre mission sera toujours d'améliorer l'accès à des soins palliatifs de haute qualité. En tant qu'association, nous continuerons à soutenir nos membres dans cette démarche, dans le cadre juridique dans lequel ils évoluent. Nous pensons que tous les patients qui expriment le souhait d'accélérer leur mort devraient pouvoir bénéficier de soins palliatifs appropriés, prodigués avec bienveillance et soutien. À cet égard, nous apprécions le travail de nos membres qui s'efforcent de

mettre en œuvre et de développer les soins palliatifs dans tous les contextes juridiques. 

Ce blog ne se veut pas un échange définitif d'idées. Il est compréhensible que le débat sur l'aide à mourir ne soit pas clos et que de nombreuses questions restent en suspens. Cependant, le conseil d'administration espère apporter un peu de clarté au débat. L'EAPC souhaite être le porte-parole des soins palliatifs, en appréciant le travail accompli et celui qui reste à faire dans tous les pays, qu'ils aient légalisé ou non l'aide à mourir (sous toutes ses formes).